Cancer de la Prostate

Il peut se présenter sous la forme d’une tumeur localisée (circonscrite à la prostate) ou sous une forme évoluée, avec des métastases ganglionnaires et osseuses. La prostate est une glande hormono-dépendante comme le sein chez la femme.

On découvre environ 53 000 nouveaux cas de cancer prostatique chaque année.

Tous n’ont pas le même degré de gravité. 80 % sont découverts à un stade de début, localisé. Ceci incite à encourager le dépistage après 50 ans, comme le recommande l’Association Française d’Urologie qui permet de proposer un traitement permettant la guérison.

 

Dépistage

Le dépistage est recommandé à partir de 50 ans. Il comprend un dosage du PSA (Prostate spécifique antigène) et un toucher rectal.

En cas d’anomalie sur l’un de ces facteurs, des examens complémentaires sont recommandés :

  • IRM de la prostate
  • Ponctions biopsies prostatiques

Le dépistage du cancer de la prostate doit être réalisé après information du patient. Le débat autour du dépistage ne doit pas entraîner une perte de chance d’être dépisté à temps pour ceux qui en ont besoin.

 

– IRM de la Prostate

Il s’agit d’un examen d’imagerie réalisée dans un centre de radiologie par des radiologues experts, formés à cette technique.

L’IRM est actuellement l’examen le plus précis pour décrire la morphologie de la prostate et décrire d’éventuelle lésions suspectes pouvant faire l’objet de prélèvements dirigés en cas de biopsies.

Il s’agit également d’un examen permettant de réaliser un bilan d’extension à la recherche d’une atteinte des structures avoisinantes et/ou des ganglions.

 

– Ponctions biopsies de la prostate

Il s’agit d’un examen diagnostic consistant à la réalisation de biopsies par voie endoréctale sous contrôle échographique.

 

Modalités de réalisation :

Avant le geste, des précautions doivent être prises :

  • Réalisation d’un lavement du rectum
  • Prise d’antibiotique à visée préventive
  • Réalisation d’une analyse d’urine pour éliminer une infection urinaire
  • Arrêt ou remplacement des médicaments fluidifiants le sang (Anticoagulants, antiagrégant plaquettaires,…)

Le geste est le plus souvent réalisé sous anesthésie locale au cabinet. Vous serez alors installé sur le côté. Un gel anesthésiant sera mis en place. Une sonde d’échographie est introduite par le rectum pour visualiser le trajet des biopsies. Dans certaines situations, une anesthésie générale peut être retenue.

En règle général, 12 prélèvements seront réalisés, parfois d’avantage en cas de lésion suspecte vue à l’IRM. Les prélèvements sont alors envoyés pour une analyse histologique au cabinet d’anatomo-pathologie.

L’examen ne dure que quelques minutes et vous pouvez regagnez seul votre domicile. Il est possible de conduire immédiatement après.

 

Risques potentiels

Une gêne ou des douleurs peuvent être ressenties pendant quelques heures.

Dans de rare cas, des complications plus importantes peuvent survenir, jusqu’à 7 jours après les prélèvements :

  • Présence de sang dans les urines, les selles et/ou le sperme (pouvant durer plusieurs semaines). Il est conseiller de boire beaucoup pour éclaircir les urines.
  • Survenue de fièvre au-delà de 38°5 Cet/ou de fissons : cela peut être le signe d’une infection urinaire sévère. Il s’agit d’une urgence et une hospitalisation pour commencer des antibiotiques intraveineux doit avoir lieue dans les meilleurs délais.
    • Numéros d’urgence :
      • Jour :
      • Nuit :

Pour aller plus loin : fiche AFU sur la réalisation des biopsies prostatiques


 

EXAMENS COMPLEMENTAIRES :

En cas de diagnostic de cancer de la prostate, selon certaines caractéristiques, des examens complémentaires peuvent être demandés à la recherche d’une atteinte métastatique régionale ou à distance.

Les métastases osseuses sont la localisation la plus fréquente du cancer de la prostate :

  • IRM de la prostate
  • Scanner thoracique et abdomino-pelvien
  • Scintigraphie osseuse
  • Scanner par émission de positron ou TEP-scan à la Choline

STADIFICATION

L’ensemble des informations retenues permettent de classer le cancer selon la classification internationale T.N.M. :

  • T : atteinte locale
  • N : atteinte ganglionnaire
  • M : métastases à distance

 

Des groupes de risques sont alors établis :

  • Faible risque :  tumeurs T1a et T2a avec PSA < 10ng et score de Gleason ≤ 6
  • Risque élevé : tumeurs T2c avec PSA ≥ 20 et score de Gleason ≥ 8, et ≥T3
  • Risque intermédiaire : les tumeurs T2b avec PSA entre 10 et 20 et Gleason à 7

Pour aller plus loin (site anglophone) : évaluation du taux survie et de récidive selon le nomogramme du MSKCC


 

TRAITEMENT

Il varie en fonction :

  • de la gravité de la tumeur (classification TNM),
  • selon que le cancer soit localisé ou métastatique,
  • selon le volume tumoral
  • de l’espérance de vie du patient.

On sait en effet que dans bon nombre de cas, une tumeur prostatique connaît une évolution lente qui peut conduire, chez certains patients âgés, à proposer une simple surveillance.

Le choix du traitement est individualisé pour chaque patient.

Les traitements sont multiples, chaque méthode a ses bénéfices et ses effets secondaires.

 

Traitement chirurgical : PROSTATECTOMIE TOTALE

C’est l’ablation complète de la prostate et les vésicules séminales, est un traitement indiqué en priorité dans les cas localisés chez les hommes de moins de 75 ans.

Le geste est réalisé sous coeliscopie avec assistance du robot chirugical DaVinci®, afin de garantir un geste le moins invasif et le moins morbides possible.

Il comporte cependant des effets secondaires spécifiques, urinaires et sexuels non négligeables.


Pour aller plus loin : Informations complémentaires concernant la Prostatectomie totale robot assistée.


Traitement par RADIOTHERAPIE :

La curiethérapie, technique qui consiste à implanter de façon permanente des grains d’iode radioactif 125 dans la prostate pour détruire la tumeur est aussi un technique proposée aux hommes jeunes mais comporte parfois des effets secondaires d’inflammation.

La radiothérapieexterne est proposée aux hommes de plus de 70 ans, ou en cas de stade évolué localement.

 

Traitement ABLATIF :

Des traitements mini-invasifs du type ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) sont disponibles. Il s’agit de méthode expérimentale que l’on réserve à des tumeurs peu agressives localisées à un lobe (hémi-ablation) ou à des récidives locales après radiothérapie chez des patients fragiles.

Ce procédé utilisant l’équipement Ablatherm® ou Focal one® consiste à administrer par voie endorectale des ultrasons qui élèvent la température cellulaire afin de détruire la tumeur.

 

Traitement des formes avancées : HORMONOTHERAPIE

Dans les tumeurs avancées, l’adjonction d’une hormonothérapie fait cesser la prolifération des cellules cancéreuses. Mais l’effet reste limité dans le temps car après 18 à 24 mois, les cellules cancéreuses ont tendance à échapper au traitement (On parle de résistance à la castration).

Il faut alors se tourner vers d’autres prises en charge (chimiothérapie, radiothérapie) qui procurent au patient un confort local, un soulagement des douleurs de compression.

L’hormonothérapie est un traitemnet au long cours. Elle entraine une castration chimique qui entraine des effets indésirables fréquents, en particulier des troubles de l’humeur, des bouffés de chaleur et peut favoriser l’ostéoporose.

 


Pour aller plus loin : Fiche information AFU concernant l’hormonothérapie.


 

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